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Articles

Post Mortem

Une amie m'a appelée la semaine passée. Elle était dans un état de détresse. Tannée d'avoir des "idées noires", comme diraient les psy (expression qui me donne tout le temps l'impression qu'on parle à un enfant de 5 ans. Fuck man, j'ai des idées suicidaires, peut-on appeler un chat un chat, sti?). Pis ce soir, en me brossant fièrement les dents avec ma poudre dentaire au charbon (pour rester dans le thème du "noir" ;) ), j'ai repensé à moi. À ce que j'ai vécu. Tsé, moi aussi, j'y repense souvent. Surtout dans le métro à Montréal. Je me dis tout le temps que ça serait si facile. Il n'y a pas de barrière, rien. Juste un train qui arrive vraiment vite. Je la vois, ma cervelle écrasée partout sur la voie. Je sens que je ne ressent plus rien. Tu n'as pas idée comment ça fait du bien, de penser à ne plus rien ressentir. Puis j'embarque dans le wagon, et me dirige vers un endroit quelconque, passer d'excelle...

Alone

Tout à l'heure en revenant du travail, j'ai vu un couple de personnes âgées qui se câlinaient sur le belvédère de la piste cyclable, tout près du fleuve. Je les trouvait vraiment cute. Pis là je me suis demandée : Est-ce que ça va m'arriver à moi, un jour? Pis la réponse qui m'a poppé en tête c'est : "non". Je ne pense pas que je ne le mérite pas. Je pense seulement que je suis plus quelqu'un qu'on désire que quelqu'un avec qui on veut rester. Je dis tout le temps que je suis une bonne deuxième. Professionnellement, mais au niveau relationnel aussi. Les gars, ça ne semble pas leur déranger quand c'est leur amante qui pète des coches. Qui argumente, qui remet en question...comme un gars. C'est pas grave qu'elle ne veuille pas de maison, ni d'enfant et qu'elle veuille mettre sa carrière en priorité. De toute façon, on ne veut pas d'une amante trop envahissante. On ne veut pas construire quelque chose avec ...

Messiness

Cette semaine, j'ai reçu un courriel que je considère un peu fucked up de Monsieur M. Vous savez, la fréquentation dont j'ai précédemment parlé. Première lecture: "WTF, ça dépasse l'entendement c't'histoire là. But I'm over that. Je comprends ce qu'il veut dire, je vais lui répondre du mieux que je peux." (Sachant pertinemment que la communication, ça se comprend jamais comme on veut pas l'autre parti). La journée passe. PM. Je repense au courriel. Sérieux, c'était vraiment trop fucké. Faut que je relise. Pis là je pleure. Beaucoup. Longtemps. Suis-je autant une mauvaise personne? Sachant qu'une partie, même si elle peut être infime, de ce qu'on dit aux autres est teinté de vérité, suis-je vraiment autant manipulatrice? Fuck man, pourquoi ça fini si mal? Pourquoi je me sens si mal? J'ai envie d'écrire à Monsieur S. L'ex copain qui m'a laissé par texto à la Saint-Valentin pendant que j'étai...

Le Copain

Je pense que ça a commencé à notre première rencontre. Tsé, la date Tinder. On s'en va à un vernissage dans une galerie. Honnêtement, tout au long de la soirée, je croyais que c'était l'échec lamentable. Tout d'abord, à cause du bouton. Je veux dire, LE bouton. Drette sur le bord de la lèvre inférieure, gros, immense. J'ai tout essayé pour l'enlever pendant la journée; la pâte à dent, l'aiguille, le peroxyde. N'en reste néanmoins qu'il était gros comme ma face arrivée au début de la soirée. C'pas comme si j'avais pas essayé d'le cacher avec un shitload de makeup. Je m'étais ben dit que je ne ferais pas les premiers pas, que s'il était vraiment intéressé, il allait toujours ben me frencher comme un grand garçon, et que son envie allait toujours ben dépasser son dégoût pour le gros bouton (utopie). Mais bref, l'introvertie en moi ne sait pas trop quoi lui dire au vernissage, puis il m'invite au resto et re...

Amitié

Des fois je m'ennui du temps où quand on s'appelait, quand c'était simple. - Hey, ça te tente tu d'aller au parc? - Ok! En avant du gros arbre dans 20 minutes! Il ne "fallait" pas qu'on passe du temps avec le chum. Il ne "fallait" pas qu'on fasse du ménage. Il ne "fallait" pas qu'on "fasse" obligatoirement de quoi. On s'appelait, on se donnait un point de rencontre, et c'était tout. On n'avait pas vraiment d'activité en tête, pas vraiment de but ni d'objectif, hormis peut-être celui de passer du temps ensemble, de se créer un monde et d'y vivre, le temps de quelques heures. Pis de revenir tout sale le soir à la maison, le temps de prendre son bain et de recommencer le lendemain. *** Ma psy m'a demandé l'autre jour si j'avais des amis. Honnêtement, je ne savais pas trop quoi répondre. C'est quoi, l'amitié à 32 ans? C'est de garder tes ...

Te lire

J'ai un plaisir coupable quand je suis dans un lieu public. Surtout dans l'autobus. Regarder ce que la personne texte à côté de moi. Écouter les conversations. Lire par dessus l'épaule de la personne devant moi (si par chance ma petitesse me le permet). Mais celui que je préfère, c'est d'observer les gens lire. Que ce soit un livre, une tablette ou un cell. J'aime regarder l'espèce de paix, de bulle de quiétude dans lequel ils se retrouvent, malgré la quantité effroyable de cons dans le bus. Plus rien ne les atteint. Et c'est seulement avec des micro mouvements faciaux que tu peux savoir à peu près ce qu'ils lisent. Le gars super ordinaire, qui tient son manga à deux mains, les yeux parcourant les pages à la vitesse de l'éclair. Ha non! Ça allait trop vite! Il doit relire la page d'avant, il ne comprends plus. OK! Ça va maintenant! Poursuite de la course. Le métalleux. Celui-là il était super cute aujourd'hui. L...

L'accent

En travaillant dans le public, ça devient quelque peu inévitable. Même si tu t'efforce à parler comme du monde. À bien prononcer. À tenter d'être une peu plus "internationale". T'as le "è" de jamais (jama) qui te sort de la bouche à un moment ou à un autre. Et là tu vois le visage qui change. Que tu sois en train de parler du traumatisme du génocide culturel des premières nations avec grande éloquence et passion n'a plus AUCUNE importance. "Tu viens du Saguenay?" te demande ce visage qui soudainement, semble trouver une certaine complicité (non désirée) avec ta personne. "Non" que je réponds, simplement, en espérant que ça sera suffisant pour créer un malaise devant l'impertinence de la remarque à ce moment précis de ta vie. "Haaaaaaa, tu viens du Lac, c'est ça hein? On le sait qu'il faut pas mélanger les deux, hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahh" (En fait elle ne rit pas tant...