Tu ne me posais jamais de questions. Je te regardais, de l'autre côté de la table, déblatérer ta vie. T'écouter, dans tes projets que je trouvais plutôt ordinaires, mais pour lesquels je te sentait motivés. Et j'avais besoin de quelqu'un de motivé. Tu ne me posais pas de questions. Je te le disais souvent, que ça me dérangeait. Et le jour où je t'ai explosé mes besoins en pleine face, tu n'y croyais pas. Que mon verre débordait. Tu pensais qu'il serait éternellement vide. Qu'il se vidait continuellement. Comme s'il ne pouvait s'emplir que de toi. Pas de moi. Pas de mes journées, pas de ma famille, ni de mes amis. Ni de mes propres projets, ni même de mes rêves déchus. Tu pensais qu'il ne s'emplissait que de tes paroles. Comme si elles étaient l'eau dont j'avais besoin. Comme si ton puit n'était pas contaminé de ton cholera De ta merde, De ta merde de vie. Quelqu'un m'a déjà demand...
Et si je me permettait d'aimer, enfin, délibérément? Et si j'embrassais mes ami.e.s, leur offrait des câlins qui vont au-delà de la convivialité? Si je me permettais de leur caresser les cheveux en regardant un film, D'écouter leur souffle qui fait un doux mouvement lent? Si je me permettais de les regarder passionnément, En les trouvant magnifiques, en les aimant, profondément? Est-ce que cela empêcherait les fendillements de mon coeur de se poursuivre? Si je me permettais de voir, de croire, de savoir, qu'aimer n'est qu'une émotion comme les autres, temporaire, faite pour briller, seulement un instant? Si je me permettais de voir l'amour comme une étoile filante, une luciole, Une si petite chose qu'on voit passer si vite, si rapidement, Tellement vite qu'on est parfois seul.e à l'avoir vue, Avec toute cette excitation, Digne d'un enfant, "Elle est là! Elle est là!" Et souhaiter, sans y croire trop vraiment, ...