Et si je me permettait d'aimer, enfin, délibérément? Et si j'embrassais mes ami.e.s, leur offrait des câlins qui vont au-delà de la convivialité? Si je me permettais de leur caresser les cheveux en regardant un film, D'écouter leur souffle qui fait un doux mouvement lent? Si je me permettais de les regarder passionnément, En les trouvant magnifiques, en les aimant, profondément? Est-ce que cela empêcherait les fendillements de mon coeur de se poursuivre? Si je me permettais de voir, de croire, de savoir, qu'aimer n'est qu'une émotion comme les autres, temporaire, faite pour briller, seulement un instant? Si je me permettais de voir l'amour comme une étoile filante, une luciole, Une si petite chose qu'on voit passer si vite, si rapidement, Tellement vite qu'on est parfois seul.e à l'avoir vue, Avec toute cette excitation, Digne d'un enfant, "Elle est là! Elle est là!" Et souhaiter, sans y croire trop vraiment, ...
Il y a une grange derrière la maison de mes parents. On y trouve pas mal d'affaires. Évidemment, la machinerie de ferme de mon oncle, Mais aussi du stock qui sert pu, genre des ti meubles Entreposés sur une espèce de mezzanine Vraiment pas accessible. Les balles de foins, aussi, Ça vient avec la ferme. Pis des boîtes de bleuets. Des piles, hautes, de boîtes, toutes du même format, Designées pour s'empiler l'une sur l'autre, de manière à ne pas écraser les perles d'or bleu du Lac-Saint-Jean. Avec une division au centre. Faite pour contenir une quantité pas mal égale de bleuets. Roses, jaunes, grises, bleues. Auparavant, elles sortaient à chaque mois d'août, Par du monde crinqués à arrondir les fins de mois Crinqués à se lever beaucoup trop tôt pour un samedi, À aller dans le fond du bois. Par du monde qui se rappellent que ça a brûlé il y a quelques années, au X ième kilomètre, Dans le fond de Saint-Thom...