Tu ne me posais jamais de questions.
Je te regardais, de l'autre côté de la table, déblatérer ta vie.
T'écouter, dans tes projets que je trouvais plutôt ordinaires, mais pour lesquels je te sentait motivés.
Et j'avais besoin de quelqu'un de motivé.
Tu ne me posais pas de questions.
Je te le disais souvent, que ça me dérangeait.
Et le jour où je t'ai explosé mes besoins en pleine face, tu n'y croyais pas.
Que mon verre débordait.
Tu pensais qu'il serait éternellement vide.
Qu'il se vidait continuellement.
Comme s'il ne pouvait s'emplir que de toi.
Pas de moi.
Pas de mes journées, pas de ma famille, ni de mes amis.
Ni de mes propres projets, ni même de mes rêves déchus.
Tu pensais qu'il ne s'emplissait que de tes paroles.
Comme si elles étaient l'eau dont j'avais besoin.
Comme si ton puit n'était pas contaminé de ton cholera
De ta merde,
De ta merde de vie.
Quelqu'un m'a déjà demandé,
Dans le temps où elle me demandait des choses,
Si mon ouverture d'esprit ne faisait pas en sorte que j'acceptais l'inacceptable.
C'était une bonne question.
Les bonnes questions font en sorte que je m'emplis de l'eau de ces personnes-là.
Même quand elle devient stagnante, avec le temps.
L'affaire, c'est que mon verre demeure vide même quand tu le rempli.
Quand il déborde,
Il déborde de ton vide.
Et c'est ce qui terrifie.
Me terrifie, moi,
Te terrifie, toi.
Le débordement du vide déferle un tsunami d'impertinence sur ta demeure.
Le débordement du vide déferle une avalanche creuse sur mon esprit.
Je déborde de besoin de sens, de partage, de connexion.
Or, je déborde plutôt d'inconsidération.
En pandémie,
On parlait sur zoom.
Et l'option des statistiques m'a fait réaliser une chose.
Je ne parle pas beaucoup.
Et peu importe ce qu'en disaient les gens,
J'avais maintenant des chiffres pour le prouver.
Et pourtant.
On pense encore que je vide mon trop plein,
Que je sature le sol de mon eau trop chaude,
Que je brûle ta peau de mon huile bouillante,
Que je te coupe avec les fragments éclatés du verre de ma coupe.
Et pourtant.
Même si je n'ai pas les statistiques pour le prouver,
J'entends les paroles,
impertinentes,
De tout ceux qui vident leur vide dans mon verre jusqu'à ce qu'il déborde d'un trop-plein.
Mon verre est plein de ton vide.
Je ne suis pas un réceptacle.
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