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Articles

Amitié

Des fois je m'ennui du temps où quand on s'appelait, quand c'était simple. - Hey, ça te tente tu d'aller au parc? - Ok! En avant du gros arbre dans 20 minutes! Il ne "fallait" pas qu'on passe du temps avec le chum. Il ne "fallait" pas qu'on fasse du ménage. Il ne "fallait" pas qu'on "fasse" obligatoirement de quoi. On s'appelait, on se donnait un point de rencontre, et c'était tout. On n'avait pas vraiment d'activité en tête, pas vraiment de but ni d'objectif, hormis peut-être celui de passer du temps ensemble, de se créer un monde et d'y vivre, le temps de quelques heures. Pis de revenir tout sale le soir à la maison, le temps de prendre son bain et de recommencer le lendemain. *** Ma psy m'a demandé l'autre jour si j'avais des amis. Honnêtement, je ne savais pas trop quoi répondre. C'est quoi, l'amitié à 32 ans? C'est de garder tes ...

Te lire

J'ai un plaisir coupable quand je suis dans un lieu public. Surtout dans l'autobus. Regarder ce que la personne texte à côté de moi. Écouter les conversations. Lire par dessus l'épaule de la personne devant moi (si par chance ma petitesse me le permet). Mais celui que je préfère, c'est d'observer les gens lire. Que ce soit un livre, une tablette ou un cell. J'aime regarder l'espèce de paix, de bulle de quiétude dans lequel ils se retrouvent, malgré la quantité effroyable de cons dans le bus. Plus rien ne les atteint. Et c'est seulement avec des micro mouvements faciaux que tu peux savoir à peu près ce qu'ils lisent. Le gars super ordinaire, qui tient son manga à deux mains, les yeux parcourant les pages à la vitesse de l'éclair. Ha non! Ça allait trop vite! Il doit relire la page d'avant, il ne comprends plus. OK! Ça va maintenant! Poursuite de la course. Le métalleux. Celui-là il était super cute aujourd'hui. L...

L'accent

En travaillant dans le public, ça devient quelque peu inévitable. Même si tu t'efforce à parler comme du monde. À bien prononcer. À tenter d'être une peu plus "internationale". T'as le "è" de jamais (jama) qui te sort de la bouche à un moment ou à un autre. Et là tu vois le visage qui change. Que tu sois en train de parler du traumatisme du génocide culturel des premières nations avec grande éloquence et passion n'a plus AUCUNE importance. "Tu viens du Saguenay?" te demande ce visage qui soudainement, semble trouver une certaine complicité (non désirée) avec ta personne. "Non" que je réponds, simplement, en espérant que ça sera suffisant pour créer un malaise devant l'impertinence de la remarque à ce moment précis de ta vie. "Haaaaaaa, tu viens du Lac, c'est ça hein? On le sait qu'il faut pas mélanger les deux, hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahh" (En fait elle ne rit pas tant...

Cupid carries a gun

Parce qu'un soir tu t'es dit : Tonight is the night! Tonight is the Tinder night! Parce que tu as installé - désinstallé Supprimé - réactivé ton compte un nombre incalculable de fois. Mais l'appel de l'affection était trop grande. Et que tu ne peux pas rester dans ton amertume de rupture aussi longtemps. Un coeur qui marine aussi longtemps dans le vinaigre, c'est pas sain (they say). T'en as rencontré quelques uns. Parce que tu t'es dit que tu ne pouvais pas toujours rester là, à les juger derrière ton écran d'I phone SE. C'était correct. Des jaloux maladifs, Des corrects, Des chokeux. Finalement, du monde dont tu te criss pas mal. Pis tsé, cette date là où tu pensais que c'en était juste un autre. Un autre qui serait le Pépé le pew et toi la Pénéloppe. Pis que non. Fuck non. Tu te rends compte que t'attends d'avoir un message de lui. Et la créature sauvage qu'étais devenue ton coeur prends peur. ...

Are you talking to me?

Je suis dans un salon de thé avec une date Tinder. First time we meet. Déjà 20 minutes qu'il me parle de son projet d'enseignement du yoga aux militaires. Projet super intéressant, mais ça fait quand même 20 minutes qu'il en parle, non-stop. Et puis soudain, révélation; Lui: But you know, I'm there talking and talking about my stuff, but you? What do you do? Mon cerveau: "Heu... c'est parce que j'avais prévu le coup mais abandonné l'idée puisque ça semblait être un monologue éternel... Heu... Qu'est-ce que je dis?" Moi: Well hummmm, I am a museum technician at the MNBAQ, I also dance, paint, studying creative projects management and I've just come out of a big student project that happened at Musée d'art contemporain des Laurentides that I've organized with other girls. Lui: Oh! Very interesting! ***Silence*** Moi: Soooooo, you were in the navy, what happened? Monologue. Reviens sur son projet d...

Parce que je le vaut bien

En fin de semaine passée, c'était mon anniversaire. Une de mes amies, qui ne pouvait passer à la petite réception en soirée, est passée chez moi avec ses jeunes filles pour le dîner. Ben chill, les filles sont super intelligentes, étaient bien contentes de glacer les cupcakes que j'avais fait pour elles et de faire leur propre pizza. On parle, on jase, ben l'fun. Le lendemain, mon amie m'écrit sur facebook: " Mes filles ont trippé d'aller chez vous! J'ai dit: "Pis, est cool Nancy?" et elles ont répondu "Oui, pis est belle!" " ... "Oui, pis est belle". Je ne remettrai pas en cause ce que ces jeunes filles ont voulu dire, tout ça est inconscient, mais ramène à une grande problématique que je questionne depuis un bon bout de temps. Je sais, je le vois trop souvent, que de par mon IMC dans les standards, mes gros seins et mon maquillage, que je suis avantagée par rapport à d'autres. Que j'ai le droit ...

Valentin

C'était au milieu de la nuit. Crise de panique. Ce moment où tes bronches se referment pareil comme si tu faisais une crise d'asthme, tu cherches ton air. Ta peau se couvre de plaques rouges vif. Tu transpires. Tes pensées, elles, filent à la vitesse de la lumière dans ta tête. Et chacune d'elles t'éraflent encore plus le coeur au passage, qui était déjà en sang. Tu pleures comme jamais. Cette émotion qui te déforme complètement le visage, les yeux rouges et bouffis, la tête ayant le cerveau coulé dans le béton. Tu ne veux plus la voir. Jamais. Mais tu n'as pas le choix de la voir, demain, au travail. Une "rencontre de médiation", avec un directeur que tu respecte autant que Jeff Fillion. Ce travail, pour qui tu es partie en catastrophe d'une ville que tu aimais, en te disant qu'enfin, tu avais un emploi dans ton domaine. Pour finalement scanner des feuilles, toute seule dans un bureau avec une fenêtre donnant sur un mur de pi...