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Last kiss

 Cher endroit où j'ai travaillé pendant 5 ans. 


Notre relation a commencé de manière particulière. 

Entre autre, grâce à l'événement tragique qui m'a amenée à commencer ce blogue. 

Là où, on m'a dit, "je transforme la colère en sagesse". 

Je ne sais pas si c'est vrai. 

Mais je sais que ça a fait du bien à des gens. 

Tout comme je me souviens que tu me l'as reproché. 


La semaine même où j'ai fait une tentative de suicide pour cause d'harcèlement psychologique au travail, tu m'as appelé pour un contrat. J'ai jamais passé d'entrevue, tu m'as juste appelé. 

Pis après mon contrat de 5 semaines, tu m'as rappelé ensuite pour continuer. Pis encore après. 

J'ai jamais passé d'entrevue. 

Ça m'a tout le temps donné le syndrome de l'imposteur, d'ailleurs. Je me souviens d'en avoir parlé dans mes thérapies de groupe, back in the days. 


*** 


Cher endroit où j'ai travaillé pendant 5 ans,


Notre relation a pas été facile. 

Des fois je me demande si elle l'a déjà été. 


Au début, je voulais tellement que tu m'aimes. Je pense que ça m'a pas aidée. 

Additionné du syndrome de l'imposteur, c'était un peu un mélange explosif. 

Je pense qu'on avait des personnalités pas mal différentes, aussi. 


Un jour, tu m'as crissé là. 

De même. 

Tu m'as reproché de parler ouvertement de ma tentative de suicide. 

Tu m'as reproché d'être impliquée dans Museomix, pis qu'ici, on n'était pas Museomix. 

Tu m'as reproché de ne pas comprendre le système bureaucratique (alors que parallèlement, je travaillais aussi pour la Ville de Québec pis que j'avais aussi travaillé dans un musée militaire auparavant. Gros #lol. ) 

Tu m'as même dit que je dégageais une aura négative quand j'étais dans une pièce. C't'un peu trash. I mean, tu vois les auras???


T'as fait le saut, quand je t'ai dit que t'avais ben beau me sacrer là pour un poste, mais que j'allais utiliser mon statut syndiquée que j'avais toujours dans un autre pour rester. 


Je suis restée. 

Je sais pas si ça a fait ton affaire. 


Mais je sais que moi là dedans, j'ai grandi. 


*** 


Cher endroit où j'ai travaillé pendant 5 ans. 


J'ai eu des esti de bons moments avec toi. 

J'ai rencontré entre autre une de mes bff grâce à toi. 

Le monde qui vit en toi est absolument exceptionnel. On ne se leurrera pas, tout le monde y a ben des défauts et ben des qualités. 

Des défauts qui, encore aujourd'hui, me font aller me cacher d'un p'tit racoin sombre pour aller verser une couple de larmes. Celles qui font que j'ai décidé d'aller voir ailleurs. 

Mais je repars aussi avec des amis, des idées, des expressions, des souvenirs de rires, d'échanges vulnérables, une curiosité infinie, une admiration pour le talents de tes gens, de l'amour profond et sincère pour mes collègues et j'en passe. 

Pas pour rien que j'ai attendu longtemps pour faire le move. 

***

Cher endroit où j'ai travaillé pendant 5 ans, 


Avec la pandémie, les problèmes auparavant tolérables sont devenus insoutenables. 

Comme ces couples-là, qui se laissent après avoir été confinés ensemble trop longtemps. 

Trop de linge pas lavé, trop de choses qui se mélangent, trop de manque d'intimité, pu capab' de s'écouter l'un et l'autre, avoir l'autre pis ses manières gossantes dans face, les petites piques assassines, tout le temps, à tous les jours... 

Je t'ai demandé de l'aide pour aller consulter. T'as dit oui. 

Dès ma première rencontre, ma nouvelle TS m'a demandé pourquoi je partais pas, que j'avais l'air "due pour ça". J'y croyais pas. 

***

Notre thérapie de couple aura finalement été notre thérapie de rupture. 

T'es ben fin, mais on n'est pas compatible. C'pas à défaut de ne pas avoir essayé. 

C'pas facile. 

Ça l'est jamais. 

Je t'ai demandé qu'on garde contact. 

T'as le droit de me rappeler trois fois. 

Ça m'aide à faire le deuil de tout ce qu'on a vécu. Parce qu'il y a beaucoup de beau, aussi, là dedans. 

 

Notre relation houleuse m'aura permis d'être la personne que je suis aujourd'hui. 

Pis honnêtement, je pense être rendue à une place pas pire pantoute. 


On se quitte, pis je trouve ça plate, parce que la situation mondiale ne nous mets vraiment pas à notre meilleur, actuellement. 

On se laisse, pis on n'est pas beau à voir. 

Mais j't'aime encore. 

J't'aimerai toujours. 


Prends soin de toi. 

On se reparle. Peut-être. Un manné. 

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