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Articles

Être ensemble

 J'aimerais qu'on puisse être ensemble.  Maintenant,  Une fois de temps en temps,  Des fois tout le temps.  J'aimerais qu'on puisse être ensemble, Sans avoir peur que quelque chose arrive,  Sans avoir peur d'avoir mal, encore,  Sans se projeter dans un futur qui existe même pas.   "Je ne sais pas si je me vois avec toi dans 50 ans"  Qu'on m'a dit,  Un moment donné, comme ça.  Dans ces moments-là je pense à ma grand-mère Qui avait daté mon grand-père juste 3 mois avant de se marier avec lui,  Qui a perdu sa ferme par une crosse de notaire,  Qui a vu sa maison brûler,  Qui a tout perdu.  Autres temps, autres moeurs, qu'on pourrait s'dire,  Mais je sais pas à quel point,  dans jeune vingtaine,  après trois mois de fréquentation,  Elle se projetait aussi loin que ça avec mon grand-père.  Je sais pas si, quand il travaillait tout le temps,  Pour payer c'qu'y avait à payer,  Pour lui ...

Le bruit de l'usine sur le long fleuve tranquille

Le bruit de mes pas sur le sol des plaines Le bruit de mes pas pour camoufler les sons de ma peine.  J'suis sortie ce soir "Pis toi comment tu vas?" "Je vais mieux, je me gère"  Asti que je suis menteuse.  Parce que j'avance dans le soir en repensant à mon acte manqué  Je repense à toutes mes p'tites pilules alignées Avalées Diluées dans le soluté Encore aujourd'hui, j'aurais encore aimé que ça ait marché.  J'ai vu plein de monde à soir J'me suis saoulée pour être un peu plus souriante J'me fais semblant que je me gère #fuckall Le bruit de mes pieds qui bottent les feuilles mouillées Le bruit de mon souffle court un peu mieux caché. * Je descends mon escalier pour mieux regarder la scène Mieux respirer l'air humide des plaines Le bruit de l'usine au loin  J'm'arrête pour contempler cette scène qui reflète tellement c'qui s'passe en d'dans d'moi L'eau, la nuit, pis un bourdonnement désagréable qui es...

Du ménage dans mes photos

Mon ami a publié une story une vieille vidéo du temps qu'on travaillait ensemble, à mon ancienne job.  Ça m'a bien fait rire,  j'ai donc décidé de regarder mes propres photos et vidéos de cette époque, qui me semble déjà lointaine.  J'ai vu pleins de belles choses, qui m'ont rendue bien nostalgique,  Mais il y avait aussi pas mal de crap.  J'ai donc décidé de faire du ménage dans mes photos.  J'ai fait du ménage dans mes photos de ces personnes que j'ai embrassée et que je n'embrasse plus.  En guise de dernier adieu  Pis encore-là, pour la plupart je pense même pas les revoir chez Dieu.  Je ne les reverrai pas.  Je les ai enlevé de mes photos,  En me disant que leurs visages s'effaceront peu à peu de ma mémoire.  De grands oubliés Dont je ne me souvenais plus tant de grand chose anyway.  J'ai fait du ménage dans mes photos et j'ai aussi revu nos sourires, ensemble.  En me demandant si ces sourires allaient toujours co...

À toutes les fois

 À toutes mes fois où j'ai pris le temps de dire ce que j'exprimais tel que ma psy m'a dit, mot à mot, comme une bonne élève,  À toutes ces fois où t'as mal réagi à mon devoir bien rempli, où juste ton mécanisme de défense de marde est sorti de tes lèvres,  À toutes mes fois où l'orgueil m'a pogné par en dedans; non, t'auras pas raison mon esti,  À toutes ces fois où t'avais raison finalement, pis que j'y ai pas tellement consenti... À toutes mes fois où la vue de ta face m'enrageait ben raide À toutes ces fois où t'as voulu me remettre à ma place, mais que tes arguments étaient trop faibles À toutes mes fois où j'avais raison, mais que t'as préféré me faire du tone policing À toutes ces fois où j'aurais dû te donner raison, mais que je t'ai accusé de mansplaining À toutes mes fois où on s'est brassé pis gueulé nos 4 vérités,  À toutes ces fois qu'à place d'écouter, t'as juste pleuré, été frustré pis que tu t...

Like-moi

 Déjà, même si ça fait pas si longtemps, le souvenir à savoir l'élément déclencheur exact est flou.  Je me suis pogné avec du monde de manière rapprochée par messagerie texte/messenger, ça je sais.  Je me suis pognée en débat avec des inconnus, ça je sais.  Mais je ne sais plus à partir de quand, le moment, le pourquoi, j'ai fait comme "ok, ça suffit".  Pis que j'ai juste laissé faire les RS.  On va se le dire, ça fait du bien.  Mes soirées se passent moins à scroller et plus à danser.  Mes nouvelles se lisent sans une liste de commentaires douteux en dessous qui m'enragent.  Mais je sais pas si c'est le sevrage, mais y'a comme un vide.  Mais je ne sais pas si c'est les gens que je ne vois que sur les RS qui me manquent,  ou juste que je contemple pour une fois mon propre vide en face, sans sa façade de lumière bleutée.  Dans le fond, j'en ai pas de vide.  J'ai plutôt un océan de peurs, d'anxiétés et d'incertitudes.  ...

Xplain

Une fois, un moment donnée,  comprends-tu,  j'étais à un spectacle de danse traditionnelle du monde arabe.   Il y avait une performeuse qui dansait un shaabi.  Dans l'temps, j'étais pas mal plus dans la fusion/neobellydance et honnêtement les danses traditionnelles du pays me passaient pas mal 1000 pieds par dessus la tête.  Je vais mettre ça sur le compte des brassières trop rembourrées et des paillettes trop nombreuses.  Mais reste que je me souviens que madame X avait dit de quoi.  Elle avait dit de quoi que ma mémoire et mes distorsions cognitives reforment ainsi: "C'est vraiment honteux pour des danseuses en Égypte de danser du shaabi, je comprends pas pourquoi les filles ici en dansent aussi".    Cela dit, ma mémoire me joue des tours.  Mais dans mon souvenirs, le message générique était pas mal ça.  Honnêtement, j'avais pris ça comme un fun fact.  J'avais pas grand chose à dire de plus en fait, puisqu'à l'époque, je me f...

La dernière option

 Ce midi, je pleurais dans la cuisinette de la job.  Une job de laquelle j'ai voulu partir à partir du moment où j'y ai mis les pieds.  Une job qui est arrivée trop vite, que j'ai pas pris le temps de réfléchir.  Un rebond d'une précédente relation professionnelle un peu trop corsée.  Mes employés ont l'air de bien m'aimer.  Je les aimes bien aussi.  C'est pas tellement ça le problème.  Je pleurais parce que depuis quelques jours, j'ai réalisé que les jobs qui semblaient m'aimer, étaient pas mal tout le temps en chute libre.  Une question de temps avant qu'elles meurent.  Je pleurais parce que j'ai ben réalisé que j'étais pas mal tout le temps un dernier choix.  Pis je sais pas qu'est-ce qu'il faut que j'en comprenne.  Je sais pas si c'est comme la petite fille qui aime tellement jouer au volley-ball mais qui est tout le temps prise en dernier parce qu'elle n'est pas aussi bonne que ce qu'elle pense.  Je sais ...