Accéder au contenu principal

Amour

Monsieur M, dont j'avais précédemment parlé de la rupture digne d'un film de drame, avait signé au bas de son dernier courriel:


"Aimes-toi".


J'avais répliqué, bien entendu; moi? ne pas m'aimer? Yeah ,right dude, fuck yourself!



Mais c'est bien en écrivant des mots de rupture à ma nouvelle dernière fréquentation que je me suis posé la question:


Est-ce que je m'aime?



À l'évidence, je crois que la réponse est non.


Parce que j'ai réalisé, en écrivant comment je me sentais, qu'au final, ce qui me dérange, est peut-être bien d'être aimée.


S'aime t'on, quand on ne veut pas être aimée?


Monsieur S, quand j'y pense, j'étais follement amoureuse de lui, lui qui m'a repoussée je ne sais combien de fois pendant ces 3 années. Lui qui m'a dit des choses particulièrement méchantes.

J'aimais ne pas être aimée.


Sûrement d'une manière masochiste rarement vue auparavant, parce que je commence à peine à me sortir de son souvenir.


Ou encore, j'aime être amoureuse.

Je suis amoureuse d'être en amour.


Accro aux papillons, aux textos jusqu'à tard la nuit, à l'envie irrépressible de le voir.

Et puis, quand tout ça est acquis, terminé.



Je n'ai plus envie d'être aimée.


Je confonds l'amour avec la passion.
Mais j'oublie souvent que l'étymologie de la passion, c'est la souffrance.


J'aime souffrir.


Seule, surtout.


Et je crois que lorsque tu me montres comment la vie est belle lorsqu'on est ensemble, je vais tenter de t'amener dans ma tanière sombre, te montrer combien je suis laide, et tenter de te faire souffrir avec moi.

Et si jamais tu me trouves encore autant merveilleuse, je te jetterai au large. Tu ne mérites pas de partager ta vie avec moi.




Tu avais raison Monsieur M.

Pour plein de raisons que je connais et pas,


je ne m'aime pas.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Plein de vide

Tu ne me posais jamais de questions.  Je te regardais, de l'autre côté de la table, déblatérer ta vie.  T'écouter, dans tes projets que je trouvais plutôt ordinaires, mais pour lesquels je te sentait motivés.  Et j'avais besoin de quelqu'un de motivé.  Tu ne me posais pas de questions.  Je te le disais souvent, que ça me dérangeait.  Et le jour où je t'ai explosé mes besoins en pleine face, tu n'y croyais pas.  Que mon verre débordait.  Tu pensais qu'il serait éternellement vide.  Qu'il se vidait continuellement.  Comme s'il ne pouvait s'emplir que de toi.  Pas de moi.  Pas de mes journées, pas de ma famille, ni de mes amis.  Ni de mes propres projets, ni même de mes rêves déchus. Tu pensais qu'il ne s'emplissait que de tes paroles.  Comme si elles étaient l'eau dont j'avais besoin.  Comme si ton puit n'était pas contaminé de ton cholera  De ta merde,  De ta merde de vie.  Quelqu'un m'a déjà demand...

Éphémère

 Et si je me permettait d'aimer, enfin, délibérément?  Et si j'embrassais mes ami.e.s,  leur offrait des câlins qui vont au-delà de la convivialité? Si je me permettais de leur caresser les cheveux en regardant un film,  D'écouter leur souffle qui fait un doux mouvement lent? Si je me permettais de les regarder passionnément,  En les trouvant magnifiques, en les aimant, profondément?  Est-ce que cela empêcherait les fendillements de mon coeur de se poursuivre?  Si je me permettais de voir, de croire, de savoir, qu'aimer n'est qu'une émotion comme les autres,  temporaire, faite pour briller, seulement un instant? Si je me permettais de voir l'amour comme une étoile filante, une luciole,  Une si petite chose qu'on voit passer si vite, si rapidement,  Tellement vite qu'on est parfois seul.e à l'avoir vue,  Avec toute cette excitation,  Digne d'un enfant,  "Elle est là! Elle est là!" Et souhaiter, sans y croire trop vraiment, ...

Les boîtes de bleuets

 Il y a une grange derrière la maison de mes parents.  On y trouve pas mal d'affaires.  Évidemment, la machinerie de ferme de mon oncle,  Mais aussi du stock qui sert pu, genre des ti meubles Entreposés sur une espèce de mezzanine  Vraiment pas accessible.  Les balles de foins, aussi,  Ça vient avec la ferme.  Pis des boîtes de bleuets. Des piles, hautes, de boîtes, toutes du même format,  Designées pour s'empiler l'une sur l'autre, de manière à ne pas écraser les perles d'or bleu du Lac-Saint-Jean. Avec une division au centre. Faite pour contenir une quantité pas mal égale de bleuets. Roses, jaunes, grises, bleues.  Auparavant, elles sortaient à chaque mois d'août,  Par du monde crinqués à arrondir les fins de mois Crinqués à se lever beaucoup trop tôt pour un samedi,  À aller dans le fond du bois.  Par du monde qui se rappellent que ça a brûlé il y a quelques années, au X ième kilomètre,  Dans le fond de Saint-Thom...